Ces dernières années, le simple fait d'aller à la mairie poser une demande de renouvellement de carte d'identité ou de passeport me donnait des noeuds dans le ventre tellement ça tournait au cauchemar. Même en y allant avec une valise bourrée de justificatifs divers, d'extraits de différents décrets et textes de loi récemment parus et de tirages papier du site gouv.fr, on n'était jamais à l'abri d'une réprimande humiliante, d'un refus outré et de multiples aller/retour entre la mairie, la maison et la préfecture, cherchant désespéremment à la fois le bon papier et une porte de sortie de cet univers kafkaïen et sadique, orchestré par un personnel plus enclin à l'agressivité qu'à l'écoute attentive.
Et là, un parcours parfait ! Dès le premier essai, mon dossier a été accepté : j'avais la photo au bon format, le justificatif de domicile qui convenait et surtout, on ne m'a pas demandé de justifier une 24ème fois ma nationalité française, un simple coup d'oeil à mon passeport, en cour de validité, a suffit. Et ce matin, crac :
On me remet sur le champ ma nouvelle carte d'identité. Juste un : "Pouvez-vous relire le document pour vérifier si y a pas d'erreur ?" Je relis, très émue, et constate à voix haute : "Tiens, on ne précise plus le pays après la ville de naissance, il n'y a plus Congo..."
Et là, la réponse qui tue : "Non madame, c'est comme pour les Français, on met que la ville, pas le département."
Morale de l'histoire : cette grande victoire sur la barbarie administrative a quand même un goût amer et je dédie ce message à tous les Français nés hors du territoire, tous ceux de ma famille qui sont si nombreux depuis 3 générations, de ma tante Jasmine et de mon beau-père Paul, jusqu'à mes petits-enfants, Cannelle et Léo, en espérant qu'on soit toujours plus nombreux à essayer de faire vaciller les murailles.