dimanche 24 avril 2011
Pakopila
mercredi 13 avril 2011
Tunisie
Sur les traces de mon père
Mes grands-parents ont vécu en Tunisie de 1937 à 1942. Claude (Aimé) étant militaire dans le génie puis responsable de chantiers de jeunesse, il allait un peu partout pour construire des routes, entretenir les voies de chemin de fer. Sa femme, Francine, et leurs 2 enfants Jean et Mireille, puis Jasmine (née en 1940), le suivaient partout donc ils ont déménagé souvent. Et, lorsqu'ils étaient à un endroit, ils visitaient les alentours (sites archéologiques, villes, promenades à la mer ou la montagne). Jean a des souvenirs très précis de certains lieux et nous avons pu retrouver deux maisons où il a habité. A Bizerte où le 25 rue de Russie est devenu le 9 rue M'hamed Ali, nous entrons dans l'immeuble. Un passant, à qui Jean dit qu'il a habité là, lui a répond "Alors vous nous appartenez !".
A Tabarka, nous avons retrouvé la maison, les anciennes citernes byzantines transformées en église où ils allaient à la messe, nous nous sommes baignés sur la plage où ils se baignaient (enfin, Jean et moi nous sommes baignés pendant qu'Elvire et Benoît fumaient des clopes sur la plage en gardant nos serviettes) et nous sommes passés dans "le trou de l'aiguille" où il passait avec sa soeur.
A Tunis et à Sbeïtla, nous avons dormi dans des hôtels proches des quartiers qu'il connaissait. A Sousse ou Hammamet, la ville s'est tellement transformée qu'il n'a reconnu que la plage. Les paysages traversés avaient aussi changé en 70 ans et si Jean se souvenait de vastes étendues désertiques, dites steppes alpha (du nom de l'herbe qui y pousse), aujourd'hui le reboisement a transformé la campagne.
Sur les traces de l'humanité
A raison de deux à trois sites archéologiques jour, j'appréhendais un peu… Heureusement, ces sites sont envahis par une végétation exubérante, des tas de petites fleurs et d'arbustes que je ne connaissais pas, un ravissement pour l'œil et des recherches en perspective pour les identifier. Les coquelicots sont plus rouges, plus denses qu'en Europe. C'était la pleine floraison du mimosas africain, des orangers.
Les vieilles pierres aussi, c'est différent de chez nous. Avant les Romains, il y avait les Puniques et après les Romains, sont arrivés les Vandales, les Byzantins et les Arabes. Tout ça grosso modo étalé sur 7 siècles et les constructions empilées au même endroit. Les thermes des uns devenant basilique chez les suivants puis écurie à l'étape suivante. Des mosaïques partout. Les inscriptions sont en latin ou en pseudo-grec (je ne parle ni l'un ni l'autre). Un système de maisons souterraines pour rester au frais pendant les canicules estivales, des pressoirs à huile.
Sur les traces du tourisme tunisien
A cause des événements et troubles politiques récents, les touristes ont déserté le pays et, partout, nous avons été accueillis comme des princes, les passants nous remerciant d'être venus… C'est très agréable ! Tous les sites touristiques étant déserts, nous avons pu visiter à notre guise toutes les ruines romaines, mosquées et médinas dans des conditions idéales.